La maison aux roses pourpres

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Mes prémonitions :

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mon journal

Jeudi 18 avril 2017

Mon amie Charlène voulait acheter avec son mari une magnifique maison ancienne dans un charmant petit village au bord de la Loire. Cette demeure de caractère avait été construite à la fin du XIXe siècle et avait vu passée quelques générations en son cœur. Mon amie avait la connaissance de mes dons médiumniques et elle me pria de l’accompagner dans sa prochaine visite. J’acceptais son invitation avec gravité, car, je savais que je lui devais toute la vérité. Et, j’espérais au plus profond de moi ne rien ressentir d’étrange lors de cette visite. Je voyais tellement d’étoiles dans les yeux de mon amie que je ne voulais pas la décevoir.

D’un premier abord la maison me plut tout de suite, elle était imposante, bien plantée sur ses fondations et je sentais la force des années avoir pris possession d’elle. Je gravis le perron en toute sérénité, la première approche ne me donnait aucune impression négative. Mon amie ouvrit la porte et je me retrouvais dans une vaste entrée qui desservait plusieurs pièces, la première était une superbe bibliothèque, la deuxième un petit salon. Tout était d’époque et le temps semblait figé. Je regardais mon amie en lui posant cette question :

« Comment comptes-tu agencer cette maison pour qu’elle vous plaise à tous les deux » ?

Elle me répondit en souriant qu’elle comptait laisser tout en l’état. Sa réponse me surpris, car, mon amie et son mari aimaient ce mélange d’ancien et de moderne. Puis elle m’ouvrit une porte donnant sur un salon un peu plus grand et là tout mon corps frissonna.

Je vis tout d’abord une belle dame élégante assise dans le fauteuil de gauche, puis à côté de celui de droite se tenait debout un homme à l’aspect froid et autoritaire. Tous les deux me fixaient avec insistance et la dame me faisait signe de partir. Je ne me sentais pas la bienvenue, par contre, elle souriait tout en s’adressant à mon amie :

« Soyez la bienvenue dans notre demeure ».

Elle répétait avec obstination cette même phrase. Je remarquais que mon amie était très à l’aise et elle me demanda ce que je pensais de cette belle pièce. Aucun son n’arrivait à sortir de ma bouche, j’étais comme figée. Quand soudain, l’homme brandit un couteau ensanglanté et s’avança vers moi les yeux exorbités. Je poussais un cri de terreur, quand je sentis la lame du couteau s’enfoncer dans ma chair. La douleur était si vive que mes yeux se remplirent de larmes, autour de moi tout vacillait. En protégeant mon ventre de mes mains, Je sentis la chaleur de mon sang glisser entre mes doigts et je m’écroulais lourdement sur le sol. L’homme à nouveau brandit son couteau et je pouvais sentir son souffle court près de mon visage. D’une voix grave et forte il dit en me regardant avec haine :

« Tu vas mourir garce, tu vas mourir ».

J’étais là allongée sur le tapis mon corps baignant dans son sang, la douleur atroce avait disparu, mon corps n’était plus que plaies et doucement la vie s’en allait, j’étais en train de mourir. Charlène me secouait dans tout les sens en hurlant, j’ouvris les yeux et je lui dis :

« Je suis morte, Charlène je suis morte ».

Mon amie m’expliqua que j’étais devenue livide et que je m’étais affaissée sur le tapis en hurlant :

« Ne me tuez pas, je vous en supplie ce n’est pas moi, ce n’est pas moi ».

La pièce était vide, les personnes avaient disparues, je tremblais si fort que mon amie me fit sortir de la maison. Une fois dehors tous mes symptômes se sont évanouis. Je dis à mon amie :

« N’achète pas cette maison, il s’est passé un drame terrible. »

Et je lui expliquais en détail ce qui m’était arrivée. Malheureusement, Charlène ne m’a pas écoutée, elle était fascinée par cette demeure. Elle et son mari quelques mois plus tard en sont devenus les heureux propriétaires. Durant plusieurs mois des problèmes plus ou moins graves se sont succédés, déstabilisant le couple et leur amour. Jusqu’à cette journée fatidique où sont mari poignarda avec une extrême violence mon amie Charlène dans le grand salon. Heureusement pour Charlène, elle a survécu à ses blessures, son mari, malgré son geste effroyable et inexpliqué avait arrivé à appeler les secours à temps.

Quand, mon amie fût sortie de l’hôpital, Je fis des recherches, mais aucun drame de ce genre n’avait eu lieu dans cette maison, elle appartenait à une famille qui l’avait transmise de génération en génération. Et pourtant j’avais bien vécu cette scène avant mon amie, ce n’était pas un rêve, peut être une prémonition ? Mais, j’avais un doute alors je me suis permise d’aller voir l’ancien propriétaire de cette maison, je voulais comprendre. Cet homme m’accueillit avec gentillesse et compréhension et c’est le regard triste et la gorge serrée qu’il me dit :

« Je suis très affecté par ce drame qui a touché gravement votre amie. Je ne comprends pas, cette maison était celle de l’amour et du bonheur, je ne garde dans mon cœur que de merveilleux souvenirs.

Il secoua la tête et écouta attentivement le récit de mon incroyable mésaventure. A la fin de mon histoire, il m’expliqua ceci d’un air grave :

« Au décès de ma femme, j’ai donné à mon petit fils les deux fauteuils en cuir qui se trouvaient dans le grand salon. Et j’ai donc racheté quelques semaines plus tard à un brocanteur, les deux fauteuils que vous m’avez décrit.

Donc, les deux fauteuils ne venaient pas de la famille de l’ancien propriétaire. Il avait eu un coup de cœur pour eux, car, sur l’arrière du dossier une rose pourpre y était gravée. Il me confia avec gêne, que dans ce grand salon, il ne se sentait plus à l’aise, ni même dans l’ensemble de la maison, d’ailleurs. Et c’est ce mal être qui grandissait en lui un peu plus chaque jour, qui avait aussi précipité la vente de sa demeure. Malheureusement, Je n’ai pas pu pousser plus loin mon investigation, car, le brocanteur, pauvre homme, était décédé depuis quelques mois dans le violent incendie qui a ravagé totalement son entrepôt. La provenance de ces fauteuils restera donc un mystère à tout jamais.

Après plusieurs mois, Charlène pris conscience que le drame qui avait anéanti leur vie, n’était pas d’ordre naturel. Ils ont donc pris la décision et sur mes conseils de brûler les deux fauteuils du grand salon et de mettre en vente… La maison aux roses pourpres.

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